samedi 3 avril 2010

PAUL-MARIE VERLAINE (UN BOUT DE VIE)

Paul-Marie Verlaine

Metz 30 mars 1844 - Paris 8 janvier 1896


Verlaine peint par Courbet

Il est le fils d’un soldat de Napoléon,

Verlaine arrive à Paris vers l'âge de sept ans, où il fit ses études.

Sa mère garda longtemps sur la cheminée familiale

les bocaux avec les fœtus de ses fausses-couches...

Il fréquente les cafés et salons littéraires parisiens et en 1866,

collabore au premier Parnasse contemporain ou il publie les Poèmes saturniens.

On y sent l'influence de Baudelaire.

En 1869, les Fêtes galantes, confirment cette orientation.

En 1870, il épouse Mathilde Mauté.

La France déclare la guerre à la Prusse, Paris est assiégé, le second empire s'effondre.

L'année suivante, Verlaine prend fait et cause pour la Commune

et quitte Paris avec sa femme, par crainte des représailles.

Peu de temps après son retour à Paris,

Arthur Rimbaud entre dans sa vie et la bouleverse.

Verlaine quitte son épouse et part en compagnie du jeune poète

pour l'Angleterre et la Belgique.

"Le Coin de table" par Henri Fantin-Latour (1872)
Verlaine se trouve en bas à gauche et Rimbaud à sa gauche

C'est pendant ces voyages qu'il écrira une grande partie du recueil

Romances sans paroles.

A Bruxelles, en 1873, lors d'une dispute,

il tire deux coups de révolver en direction de Rimbaud

et le blesse au poignet.

Verlaine regrette immédiatement jusqu'à supplier Rimbaud de le tuer.

Arthur Rimbaud en photo

Rimbaud prend peur, fuit et le dénonce à la police.

Bien que Rimbaud ait retiré sa plainte,

Verlaine est condamné à deux ans de prison,

plus en raison de son homosexualité, que de l'incident.

Durant son séjour en prison, son épouse obtient la séparation de corps.

Verlaine se convertit au catholicisme.

En 1883, il publie dans la revue Lutèce la première série des "poètes maudits"

qui contribue à le faire connaître.

Avec Mallarmé, il est traité comme un maître et un précurseur

par les poètes du symbolisme et par les décadents.

1884,

Verlaine publie Jadis et Naguère qui marque son retour sur l'avant-scène littéraire,

la même année, dans A Rebours, J.-K. Huysmans

lui réserve une place prééminente dans le Panthéon littéraire de Des Esseintes.

En 1885, dans les Déliquescences d'Adoré Floupette,

Gabriel Vicaire et Henri Beauclair le consacrent officieusement

chef d'école des Décadents.

A partir de 1887, alors que sa célébrité s'accroît,

il plonge dans la misère la plus noire.

Les productions littéraires de ses dernières années sont purement alimentaires.

Verlaine partage alors son temps entre le café et l'hôpital.

Dernier refuge du poète en fin de parcours,

l'hôpital soigne, héberge, nourrit un homme célèbre mais malade.

Différents séjours dans différents établissements

sur une période de dix ans, les dix dernières années de sa vie.

Verlaine, photographié dans un café

Paul Verlaine souffre de diabète, d'alcoolisme, d'ulcères et de syphilis.

Son état ne cesse de se détériorer.

Sa mère meurt, plusieurs de ses amis aussi dont Arthur Rimbaud.

Ces décès le laissent plus seul que jamais.

Il se lie d'amitié avec deux prostituées qui lui feront la vie dure

et qui profiteront de lui en le volant des fruits de son travail de conférencier.

Paul Verlaine est au bout du rouleau, alors que sonnent les trompettes de la renommée.

Il entreprend la rédaction de cet ouvrage autobiographique

"Mes hôpitaux" qui paraissent en novembre 1891.

1894 Verlaine est couronné "Prince des poètes" et doté d'une pension.

Le poète a encore cinq années à vivre, ce seront les plus difficiles.

Mes hôpitaux ressemblent à une chronique,

celle d'un homme malade mais lucide.

Usé prématurément, il meurt d'une congestion pulmonaire à l'âge de 51 ans.

Le lendemain de son enterrement, plusieurs quotidiens relatent un événement curieux :

dans la nuit qui a suivi les obsèques, la statue de la Poésie, au faîte de l'Opéra,

a perdu un bras qui s'est écrasé, avec la lyre qu'il soutenait,

à l'endroit où le corbillard de Verlaine venait de passer.

Paul Verlaine a été inhumé au cimetière des Batignolles à Paris

Tombe de Paul Verlaine

L'angoisse

Nature, rien de toi ne m'émeut, ni les champs
Nourriciers, ni l'écho vermeil des pastorales
Siciliennes, ni les pompes aurorales,
Ni la solennité dolente des couchants.

Je ris de l'Art, je ris de l'Homme aussi, des chants,
Des vers, des temples grecs et des tours en spirales
Qu'étirent dans le ciel vide les cathédrales,
Et je vois du même oeil les bons et les méchants.

Je ne crois pas en Dieu, j'abjure et je renie
Toute pensée, et quant à la vieille ironie,
L'Amour, je voudrais bien qu'on ne m'en parlât plus.

Lasse de vivre, ayant peur de mourir, pareille
Au brick perdu jouet du flux et du reflux,
Mon âme pour d'affreux naufrages appareille.

Paul Verlaine

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